Thierry Delattre

 

Lancé en 2012, le thaMographe est né de l’imagination de Thierry Delattre, ancien professeur de physique appliquée ayant enseigné aussi les Mathématiques en collège pendant quelques années.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Thierry Delattre n’a pas créé le thaMographe dans la volonté de proposer un outil de géométrie nouveau et complet, du moins, au départ… :

« Au début, j’ai juste fabriqué une petite réglette trouée qui tourne autour d’un axe de rotation. C’était pour mes enfants. A l’époque, ils dessinaient beaucoup et voulaient emprunter mon compas pour tracer un joli cercle, qu’ils n’arrivaient pas faire correctement à main levée. Bien sûr, à cause de la pointe dangereuse du compas, je ne pouvais pas leur laisser cet outil entre les mains sans surveillance. De plus, je craignais aussi qu’ils ne trouent la table de salon par inadvertance, au travers de leur feuille… Loin de moi l’idée que cette réglette basique se complète d’autres outils et soit commercialisée un jour !

En revanche, au contact des collégiens, j’ai voulu acheter des aides pédagogiques à manipuler afin de mieux apprécier et intégrer les notions de Mathématiques nouvelles et nombreuses du programme du collège. J’ai ainsi constaté qu’il n’existait pas, à ma connaissance, de dispositifs sur les nombres relatifs (somme et autres opérations), Thalès, Pythagore et bien d’autres.

J’ai donc créé une auto entreprise qui propose ces outils à manipuler : « thaM thaM, Les Maths sur le bout des doigts » : « thaM » est tout simplement l’anagramme de « Math ». J’ai gardé le M en majuscule pour la forme !

Dans cet objectif, j’ai réalisé une dizaine de prototypes différents. Hélas, je n’ai pas trouvé d’entreprise capable de tous les réaliser, et les coûts de production étaient trop importants.

Je me suis dès lors retrouvé sans solution ni emploi, ayant depuis peu quitté l’Education Nationale…

Que faire dans une telle situation ?

Et bien je n’ai pas eu à chercher longtemps ! En effet, cette petite réglette trace cercle avait entretemps connu beaucoup de mutations, pour devenir le thaMographe que l’on connait aujourd’hui. J’ai donc tout misé sur cette innovation qui, contrairement aux aides pédagogiques, pouvait trouver sa place dans les magasins, pour un panel d’utilisateurs plus étendu que le milieu scolaire (loisirs créatifs, scrapbooking, patchwork, couture (patrons), mandalas, bricolage, …).

Il a fallu un an et presque 50 000 Euros d’investissement pour monter tout le projet : étude de réalisation, dépôt de marque et modèle à l’INPI, prototypes industriels, tests, améliorations, moules en titane, charte graphique, et enfin site internet, avec vidéos réalisées en studio.

Le premier thaMographe a été vendu sur mon site internet le 25 Septembre 2012. Début de l’aventure ! » Th. D.

 

Naissance du thaMographe

Ou comment une simple réglette basique qui ne pouvait tracer que des cercles s’est peu à peu transformée pour devenir le thaMographe ? :

« C’est un cheminement incroyable et différent à ce qu’on pourrait croire. Après des mois « rangé dans les cartons », j’ai ressorti la réglette initiale et je l’ai agrandie pour pouvoir écrire au dessus de chaque trou la valeur du rayon du cercle correspondant. J’ai mis des graduations sur le bord pour combler un vide et rendre l’outil plus pratique : trace cercle + règle graduée.

Du fait de l’augmentation de largeur, je me suis aperçu qu’on peut utiliser l’un ou l’autre des coins pour tracer un angle droit : trace cercle + règle graduée + équerre.

C’est alors que j’ai réalisé qu’il ne manquait plus que le rapporteur pour avoir les 4 outils intégrés dans un seul dispositif. Je l’ai donc tout bonnement placé à l’autre extrémité pour garder les angles droits.

A ce stade, on pourrait croire que l’histoire s’arrête là puisqu’il n’y a aucun autre outil de géométrie à intégrer. Et bien c’est tout le contraire !

En effet, et c’est une chose que je ne m’explique toujours pas aujourd’hui, j’ai voulu que l’outil soit capable de tracer, sans que le crayon ne quitte la feuille, un angle donné, avec ses deux segments à la longueur désirée. Cela semble simple et évident aujourd’hui, mais j’ai mis plus de trois semaines pour trouver la méthode ! : découper une fente pour créer une règle graduée supplémentaire (la règle centrale), perpendiculaire à la base du rapporteur, et dont l’origine coïncide avec le centre de ce dernier. Outre cette nouvelle règle, il a fallu trouver la technique qui va avec : on trace d’abord un petit trait pour repérer l’origine des angles (voir vidéo sur le site) puis on trace le premier segment de la droite vers la gauche. Le crayon s’arrête en butée au 0 cm. On pivote alors le thaMographe autour de la mine de crayon, laissée en lieu et place, pour orienter la règle centrale de l’angle souhaité (en regardant les graduations du rapporteur passer devant le petit trait du début). Il ne reste plus qu’à tracer le second segment à la longueur souhaitée, en partant du 0 cm de la règle centrale ! Pratique, rapide, et cela permet à l’élève de mieux comprendre la notion d’angle.

J’avais donc atteint mon objectif, mais sans imaginer l’incroyable suite… ! :

En utilisant l’outil, je me suis rendu compte que cette fameuse règle centrale permet de tracer, sans que le crayon ne quitte la feuille, de nombreuses autres figures géométriques : carré, rectangle, tous les polygones réguliers, mais aussi les sommes vectorielles, les coordonnées polaires, le diagramme vectoriel de Fresnel d’un réseau triphasé équilibré (j’aurais aimé avoir le thaMographe quand j’enseignais l’électrotechnique en lycée !), voire d’autres figures non découvertes à ce jour !

Une maîtresse d’école primaire m’a fait savoir que cette règle centrale est bien mieux que le coin pour tracer un angle droit : 0 cm dans le coin de l’angle droit, jusqu’à 10 cm de long comme pour une grande équerre, et SANS arrondi, contrairement à ce qu’on obtient avec une équerre, même neuve. Voilà un avantage que je n’avais même pas découvert moi-même !

 

Une enseignante de Mathématiques en lycée professionnel m’a dit qu’elle préfère ce rapporteur, plus petit que les autres, car on n’a pas besoin d’allonger les segments pour atteindre les graduations : c’est un gain de temps et cela évite surtout d’avoir une mauvaise mesure si l’allongement des segments n’est pas bien fait.

Lors d’un salon, un client m’a fait remarquer que c’est plus pratique pour les petits (comme pour les grands !) de tracer un segment avec la règle centrale : on trace de la droite vers la gauche, jusqu’en butée. Même en allant vite, on ne craint pas de dépasser la longueur souhaitée !

De mon côté, j’ai trouvé les méthodes pour tracer des segments parallèles de façon simple et rapide : parallèle passant par un point et parallèle à une distance définie (voir vidéos).

Actuellement, c’est la version 5 du thaMographe qui est en vente : il est en polycarbonate (un plastique très résistant), et avec une règle avec origine au centre, pour trouver rapidement le centre d’un segment ou pour faire une symétrie centrale.

Enfin, il est facile et rapide de tracer des cercles concentriques, de changer de couleur de traçage, et de tracer des cercles sur des matériaux durs dans lesquels la pointe du compas ne rentre pas et dérape (bricolage) »  Th. D.

 

Prix et distinctions

  • Prix de l’Initiative locale de la Communauté Urbaine de Dunkerque (Novembre 2012)

  • Trophées Jean Bart au Kursaal Palais des Congrès de Dunkerque (Janvier 2013)

  • Trophée de la Recherche et de l’Innovation à Lille Grand Palais (Janvier 2013)

  • Médaille d’Or au concours Lépine Européen (Septembre 2013)

  • Médaille du Ministère de l’Education Nationale (Mai 2014)